#40 L'aube des corbeaux 07 Août 2005
Attention, il est important de considérer que cet article est une archive, son contenu est probablement obsolète!

À l'aube, le soleil d'été commençait à percer le ciel de ses rayons. Les lueurs rougeâtre venaient se poser sur la mer pour se refléter sur le blanc des falaises bretonnes. Les mouettes quant à elles criaient à vive voix leur « bonjour » matinal. Elles volaient au dessus de l'eau puis une fois leur proie repérée, elles plongeaient en piquet pour aller chercher leur dû. Un peu plus haut, sur la lisière d'un champs proche de la ville de Roscoff, une fille et sa mère étaient parties à la cueillette de mûres. Elles adoraient ces moments de solitude, ces moments de calmes accompagnés par des musiques naturelles. Bercés par les grillons, par les herbes hautes qui se heurtaient les unes sur les autres sous l'action du vent, elles sélectionnaient avec raffinement les fruits permettant de faire des tartes comme elles les adoraient.
Loin d'être grande pour son âge, la petite fille avait des cheveux blonds, des yeux marrons en amande, portait une robe blanche fraîchement lavée. Prénommée Lucie, elle adorait manger les mûres en même temps qu'elle les cueillait. Pour l'en dissuader, sa mère lui répétait « Si tu les manges toutes, il n'y en aura plus assez pour faire une tarte ! ». Elle adorait l'air pur, cet air qui prenait ses cheveux et les faisait danser dans le vide. Les journées à l'extérieur lui procurait le plus grand bien, sa mère le voyait. Elle préférait la voir profiter des bonnes choses plutôt que de rester vautrée devant la télévision à se goinfrer de pop-corn.
La récolte terminée, elle appela son ange pour lui dire de rentrer. Mais trop habituée à faire des parties de cache-cache avec sa mère, elle s'était évadée depuis bien longtemps. Se doutant de la supercherie, sa mère alla à sa rencontre.
« Trouvée ! »
Dommage pour Lucie. Elle aurait bien aimé avoir plus de temps. Estimant qu'elle avait le droit à une seconde chance, elle poussa sa mère en lui promettant que c'était la dernière fois. Elle l'entendit crier puis courir après elle. Elle se mit à rire, puis trébuchât, et soupira en pensant que le jeu allait être terminé. Heureusement pour elle, elle se releva en un bond et continua dans sa lancée. Elle quitta le chemin principal pour se retrouver dans un champs de maïs. Une fois à l'intérieur, elle se rapprocha d'un curieux objet. Devant celui-ci, elle vit de nombreux oiseaux noirs, assez grand. Foudroyée par la peur, elle daigna bouger ... pensant qu'elle allait mourir, que sa vie allait défiler sous ses yeux suivie de près par un noir somptueux.
En réalité, ils avaient bien plus peur d'elle qu'elle n'avait peur d'eux. Ils s'envolèrent dans un croassement grave devant une petite fille recroquevillée sur elle-même. La tête blonde perdit peu à peu les mains qui recouvraient son visage d'ange. Elle se souvint alors des paroles de sa mère : « un esprit veille sur chacun de nous » et estima que ce devait être vrai.
Après cette rencontre terrorisante, elle prit la décision d'arrêter de jouer, retourna sur le sentier, puis repris la direction des ronces. Elle chercha sa mère mais ne la trouva pas. Son coeur commençait à battre de plus en plus vite, son souffle s'accentuait « où est-elle ? ». Elle cria son prénom, couru dans tous les sens. Il fallait se faire à l'évidence, elles s'étaient perdues de vue et se retrouver risquerait d'être long.
Un peu plus tard, elle risqua un regard par dessus la falaise ... pour la découvrir en bas, la tête ouverte sur un rocher, dans une marre de sang qui glissait lentement vers la mer. Elle descendit prudemment la falaise en utilisant l'escalier, puis alla la rejoindre.
« Maman ! Maman ! C'est pas drôle ! Arrête ! Je veux rentrer ! Dis ! Tu m'écoutes ! Je sais que tu mens ! Je veux rentrer à la maison ! Tu comprends ? ... Tu as gagné, allez, je veux plus jouer ... ». Elle rigolait, elle la poussait, lui demandait de se relever. Très fatiguée par cette journée, elle s'endormit.
Ce sont des passants qui ont découvert quelques jours plus tard, une petite fille étendue de tout son long sur le corps inerte de sa mère. Elle ne pleurait pas, mais avait le regard vide, parlait de corbeaux qui allait la prendre et l'emmener vers un lieu où sa mère sourirait de nouveau. Lorsqu'ils la découvrirent, le soleil venait tout juste de marquer l'aube d'une nouvelle journée, et les corbeaux ne manquaient pas à l'appel, ils volaient au dessus d'elle, tels des anges déchus qui attendaient son heure.
Web Developpeur chez Google (San Francisco, California),
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