#249 Old 26 Février 2008
Attention, il est important de considérer que cet article est une archive, son contenu est probablement obsolète!
Il est des textes écris, jamais publiés, qui restent enfermés dans les dossiers endommagés par le temps. Il est des mots, jamais prononcés, qui restent muets durant des années. Il est des lettres, jamais dessinées, qui restent impalpables malgré les âges.
Nommés préciosités, il est des êtres qui méritent plus que des écris, des mots ou des lettres.
Lundi matin, aux alentours de 10h15, dans une salle d’un lycée inconnu, les élèves de la première attendent leur professeur de français dans un brouhaha habituel. Avec quelques minutes de retard, elle franchit le seuil de la porte. Les élèves s’installent puis sortent leurs affaires en attente de la ‘dictée’. Elle s’avance vers son bureau pose son sac, attrape à la volée sa pochette et la laisse tomber sur la table. Elle compte le nombre d’élève pour savoir si personne ne manquait à l’appel. Arrivée sur Camille, elle la questionne sur son week-end d’anniversaire tout en remplissant son billet. Elle l’emmène à la porte et le pose dans une petite boite mal fixée puis referme cette dernière.
Avant de commencer son cours, une parenthèse est faite sur l’inspection qui aura lieu le lendemain durant le cours de mathématiques. Elle explique qu’il faudra avoir fait les exercices afin de ne pas mettre le professeur dans l’embarras, de telle manière à détendre l’atmosphère. Elle était loin de se douter que l’inspectrice serait coincée, et issue des mondanités bourgeoises, avec les gâteaux, le thé et les traditions coutumières. Cette parenthèse d’introduction se conclue par une petite maxime : « vous faites ce que vous voulez », sous-entendant de manière habile qu’il faudra faire un minimum d’efforts au niveau de la conduite.
Le cours commence. Elle débute par un sujet important : l’entretien oratoire du baccalauréat. Les élèves l’écoutent attentivement, la salle muette laisse porter sa voix. Elle s’assoit à sa table, correspondant normalement à un bureau d’enseignant, met sa main l’une dans l’autre, et explique les étapes ainsi que la méthodologie à suivre lors du temps de préparation. Une fois l’explication clôturée, elle regarde son cours, résume brièvement ce qui avait été écrit puis, après son très célèbre « plouf plouf plouf », elle retrouve la dernière ligne analysée.
Bras croisés, regard vers la porte, le professeur se relève en mélangeant paroles et gestuelle. Se dirigeant vers le tableau, elle saisie à la volée un bout de craie dans une boite à moitié accrochée au mur. Sa main s’approche de cette matière foncée, puis inscrit en contraste « Lecture Sociologique, Analyse du comportement ». Soudain, elle se retourne d’une manière brusque pour lancer à Benoît « Cayate ! », l'élève trop bruyant stoppa immédiatement pour reprendre quelques minutes plus tard. Elle continue dans sa lancée d’écriture et rajoute « Satire d’un petit bourgeois anglais », souligne le mot « anglais » et rajoute « home sweet home ». Elle explique aux élèves la traduction de ces mots et la retranscription d’Eugène Ionesco.
Texte écrit en cours de Français, en Première Scientifique au Lycée St Joseph. Largement inspiré par une enseignante passionnante et passionnée. Rares sont les titulaires à garder leur fougue aussi longtemps.
Une matière se transmet par passion, n'est-ce pas ?
Web Developpeur chez Google (San Francisco, California),
j'adore l'aventure, la découverte, les nouveautés et les
challenges. Entre les développements web, les bidouilles
iphone et les pauses créatives, je voyage avec mon appareil
photo.










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